littérature  et patrimoine : Odette & Théodore

INVITÉ : SAÏD HAMODY

Odette du Puigaudeau, Théodore Monod, traversent encore l’imaginaire des Mauritaniens grâce à leur récits. Durant notre rencontre de décembre nous parlerons de ces voyageurs et de leurs livres laissés derrière eux en compagnie de Saïd Hamody.

Odette du Puigaudeau

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Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Nazaire , le 20/07/1894
Mort(e) à : Rabat,Maroc , le 19/07/1991

Biographie : Née dans une famille d’armateur, Odette Loyen du Puigaudeau est la fille de deux artistes, Ferdinand du Puigaudeau, peintre de l’école de Pont-Aven et Henriette Van den Broucke, portraitiste.Elle a grandi au Croizic et en 1920 se rend à Paris pour suivre des cours d’océanographie à la Sorbonne. Elle est aussi dessinatrice et même styliste chez Jeanne Lanvin. Taraudée par l’idée de partir, elle participe à des campagnes de pêche sur des tonniers bretons, comme journaliste.En 1934, Odette du Puigaudeau s’embarque pour la Mauritanie qu’elle découvre à dos de chameau avec son amie Marion Sénones (1886-1977), l’artiste peintre.

Jusqu’en 1960, toutes deux parcourent la Mauritanie à la rencontre des Maures, de leur vie et de leur histoire. Elles sont chargées de différentes mission ethnographiques ou archéologiques dans cette partie occidentale du Sahara. Elles suivent notamment les caravanes ralliant Tombouctou.

Elle s’établit à Rabat en 1961, où elle réalisa pour la radio des émissions culturelles de 1961 à 1962, devint documentaliste au ministère de l’Information en 1963, et chef du bureau de préhistoire au Musée des antiquités de Rabat de 1970 à 1977. Elle eut pour compagne Marion Sénones, qui partagea sa vie de 1932 jusqu’à son décès à Rabat en octobre 1977.

Odette du Puigaudeau écrivit huit livres, d’innombrables articles et un traité d’ethnologie sur le peuple maure.

Théodore Monod

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Nationalité : France

Né(e) à : Rouen , le 09/04/1902
Mort(e) à : Versailles , le 22/11/2000

Biographie : Théodore André Monod est un scientifique naturaliste, explorateur, érudit et humaniste français. Il est « le grand spécialiste français des déserts », « l’un des plus grands spécialistes du Sahara au XXe siècle » et « bon nombre de ses 1 200 publications sont considérées comme des œuvres de référence. »Théodore est le troisième fils de Wilfred Monod, pasteur et théologien protestant dont l’influence spirituelle a beaucoup joué sur son fils.Il entre au Muséum d’histoire naturelle dès 1922 puis y soutient sa thèse en 1926. Il découvre le continent africain grâce à deux missions de recherche, puis parcourt le Sahara occidental pendant plus d’un an : le zoologiste devient géologue, botaniste, archéologue, préhistorien…

En 1930, son service militaire le mène au Sahara algérien : ses recherches sont définitivement orientées vers une région du monde dont il est devenu un éminent spécialiste. Désormais, les voyages se succèdent.

En 1938, Monod est affecté à Dakar pour créer un institut de recherche. Sous son impulsion, l’Institut français d’Afrique noire devient un très grand centre scientifique. De 1953 à 1964, il parcourt 5200 km à pied et à dos de chameau à travers le Sahara occidental.

Il poursuit aussi ses recherches sur la faune marine : il est nommé directeur du laboratoire des pêches d’outre-mer au Muséum en 1942 puis élu à l’Académie des sciences en 1963.

Considéré par ses pairs comme un des meilleurs spécialistes de poissons et de crustacés, Monod était aussi un écologiste chrétien antimilitariste et engagé. Il s’éteint à 98 ans.